24 avril 2018

Procédure de certification hébergeur de données de santé (HDS)

Logo

Depuis le 1er avril 2018, l’agrément hébergeur de données de santé est officiellement remplacé par la certification HDS. Suite à un précédent article sur l’évolution de la procédure d’agrément, celui-ci propose une présentation de la nouvelle démarche de certification publiée pour se préparer à sa mise en place.

Rappel du contexte hébergement de données de santé

Pour rappel, l’hébergement de données de santé est encadré par l’article L.1111-8 du code de la santé publique et l’ordonnance n° 2017-27 relative du 12 janvier 2017 remplace officiellement l’agrément par une certification délivrée par un organisme certificateur (c’est-à-dire accrédité par le COFRAC ou un organisme européen équivalent). Le référentiel de certification sera bientôt publié officiellement, néanmoins une version provisoire a déjà été publiée le 29 novembre 2017. La version définitive comportera des ajustements, mais ils devraient rester mineurs (selon l’ASIP Santé).

La certification hébergement de données de santé concerne tout organisme qui héberge des données de santé pour le compte d’un tiers responsable du traitement sur les activités de prévention, de diagnostic, de soins ou de suivi social ou médicosocial.

Présentation du référentiel HDS actuel

Le référentiel s’appuie sur des normes internationales pour bénéficier d’une démarche de certification existante. Les normes retenues sont la norme 27001 dans son intégralité, complétée par des exigences issues des normes 20000 et 27018. Des exigences spécifiques santé ont également été ajoutées. Ce sont des exigences inédites ou des précisions sur des exigences normatives. Il est à noter la présence d’une seule exigence de la norme 27017, or cette norme évoquée dans le référentiel n’est pas reprise dans les communications ultérieures de l’ASIP Santé.

La nouvelle procédure propose deux types de certification, une certification « hébergeur d’infrastructure physique » et une certification « hébergeur infogérant ». Pour sélectionner le périmètre adéquat, il faut identifier les services HDS fournis parmi les 6 activités types listées par l’ASIP Santé :

  • La certification hébergeur d’infrastructure physique couvre les activités :
    • Mise à disposition et maintien de locaux pour l’hébergement physique
    • Mise à disposition et maintien de l’infrastructure matérielle
  • La certification hébergeur infogérant couvrent les activités :
    • Mise à disposition et maintien de l’infrastructure virtuelle
    • Mise à disposition et maintien de plateforme applicative
    • Infogérance du système d’information traitant de données de santé
    • Mise à disposition et maintien des sauvegardes externalisées

Pour un service HDS couvrant au moins une activité de chaque périmètre, ce sont les deux certifications qui devront être obtenues.

Présentation des exigences de la certification HDS

Concrètement, la procédure requiert une certification 27001 en complétant l’annexe A par les exigences issues des normes sélectionnées (20000, 27017, 27018) et spécifiques santé. De la sorte, le référentiel comprend 45 exigences complémentaires :

  • 4 exigences 20000 sur la conception et la modification de services, la continuité de service et la gestion de la capacité
  • 25 exigences 27018 issues de son annexe A en lien avec les principes de vie privée
  • 1 exigence 27017, sur la définition explicite des rôles et responsabilités sécurité entre le client et le fournisseur de service HDS
  • 11 exigences renforçant des exigences existantes (27001, 20000, 27018 et 27017)
  • Et 4 exigences dédiées santé sur le recueil d’un engagement client sur la conformité à la PGSSI, la mise à disposition des rapports d’audit de certification aux clients, l’identification d’un point de contact chez le client et la prise en compte de la langue française.

La certification hébergeur d’infrastructure couvre 40 exigences sur les 45 exigences complémentaires HDS tandis que la certification hébergeur infogérant couvre l’ensemble des 45 exigences.

Il est possible avec la nouvelle procédure de certification de faire prévaloir ces certifications existantes 27001 et 20000. Les points issus de ces certifications seront tout de même vérifiés, mais sans le contrôle requis pour un audit.

Démarche d’implémentation de la certification HDS

Ainsi pour la mise en place de la certification (quel que soit le périmètre), il est pertinent d’adopter une démarche similaire à la mise en place de l’ISO 27701. En résumé, il sera nécessaire de :

  • définir le domaine d’application de l’ISO 27001 en intégrant les activités concernées par le service HDS, ainsi que l’engagement et les responsabilités de la direction
  • mettre en place la gestion des risques, en incluant les risques spécifiques à l’hébergement de données de santé
  • compléter la déclaration d’applicabilité (DdA) avec les 40 ou 45 exigences complémentaires HDS (selon le périmètre), la justification des exclusions et des exigences non applicables
  • définir les objectifs de sécurité en spécifiant les objectifs de sécurité liés à l’hébergement de données de santé et les plans pour y parvenir
  • définir les processus support du SMSI
  • mettre en œuvre les mesures de sécurité et les processus spécifiques du référentiel HDS (20000, 27018, 20017, exigences santé)
  • définir les programmes de formation et de sensibilisation avec les contraintes spécifiques aux données de santé
  • exploiter, surveiller et suivre le SMSI avec les exigences HDS
  • réaliser la demande de certification auprès d’un organisme de certification accrédité conformément au référentiel d’accréditation HDS.

L’un des principaux objectifs d’un SMSI est la préservation d’un niveau de sécurité optimum en accord avec les besoins et les objectifs à la fois de l’organisme et ceux des parties intéressées. Bien sûr, l’implémentation d’un SMSI (HDS ou non) est un vrai projet, parfois complexe à mettre en place. Pour être efficace, il nécessite l’appui de la direction, une organisation claire avec des responsabilités bien identifiées sur les actions à mener.

Source : esante.gouv.fr

Blog

Nos derniers articles

Cybersécurité

Cyber Resilience Act : quelles obligations pour les éditeurs et les fabricants ?

Le Cyber Resilience Act est entré en vigueur le 10 décembre 2024, mais rien ne vous était encore demandé. Cela change le 11 septembre 2026 : à cette date, la plateforme européenne de signalement ouvre, et les fabricants doivent y déclarer leurs vulnérabilités activement exploitées. Restait une inconnue que le règlement laissait à chaque État membre : qui contrôle, et qui sanctionne. La foire aux questions publiée par l’ANSSI vient de la lever.

28 août 2026

Cybersécurité

Tester la sécurité de son site web : ce que voient les outils gratuits

Le contrôle d'accès défaillant occupe la première place du Top 10 de l'OWASP depuis l'édition 2021, devant les défauts cryptographiques et les injections. C'est aussi la famille de failles qu'un scanner automatique détecte le plus mal, parce qu'elle suppose de comparer les droits de deux comptes distincts et de comprendre qui a le droit de voir quoi. Un outil qui lit des en-têtes HTTP ne raisonne pas comme cela. Vouloir tester la sécurité de son site web reste une démarche saine, et les scanners publics ont leur utilité. Ils répondent simplement à une question plus étroite que celle que se pose un dirigeant.

18 août 2026

Cybersécurité

Analyse de risque EBIOS : ce que les cinq ateliers produisent vraiment

L'ANSSI a publié EBIOS Risk Manager en 2018, en rupture avec la logique d'inventaire qui dominait jusque-là les analyses de risque. Huit ans plus tard, la méthode est devenue la référence française, citée dans les dossiers NIS 2, réclamée par les auditeurs, inscrite dans les cahiers des charges. Elle est aussi, souvent, mal employée. Beaucoup d'analyses se terminent par un classeur de trois cents lignes que personne ne rouvre, faute d'avoir été construit pour décider quoi que ce soit. Chez Digitemis, nous animons ces ateliers pour des organisations qui doivent à la fois se protéger, se conformer et continuer à produire. Une analyse utile répond à une question courte : sur quels verrous investir pour que l'activité ne s'arrête pas.

18 août 2026

informations

Contactez-nous

Une question ou un projet en tête ? Remplissez le formulaire, nous reviendrons vers vous rapidement pour un premier échange.

    *Informations obligatoires

    Les informations recueillies à partir de ce formulaire sont traitées par Digitemis pour donner suite à votre demande de contact. Pour connaître et/ou exercer vos droits, référez-vous à la politique de Digitemis sur la protection des données, cliquez ici.

    Index