9 octobre 2018

Apache Struts, une nouvelle faille critique

Logo

Bien avant la faille de sécurité Log4Shell, une autre faille critique, baptisée Apache Struts, a défrayé la chronique. Apache Struts est un framework développé par la fondation Apache qui permet de développer des applications web en Java. Les fonctionnalités de ce framework peuvent être étendues par l'utilisation de plugins, comme un analyseur syntaxique de JSON ou un module facilitant la création d'API REST. Pour ce qui est de l'architecture, Struts adopte une approche Model-Vue-Contrôleur. Cependant, une des spécificités de Struts est que les contrôleurs sont appelés des actions et possèdent l'extension de fichier ".action". Un indice valable lors de la réalisation de tests d'intrusion d'une application web...

logo Struts cybersécurité

Struts : Aperçu

Struts : Configuration

Les liens entre les différentes routes, actions et vues sont définis dans un fichier de configuration à la racine de l’application nommé « struts.xml ». Voici un exemple de configuration par défaut :

Les actions sont donc contenues dans des packages dans lesquels il est possible de spécifier un namespace. Spécifier un namespace permet de grouper les actions et est directement répercuté sur l’URL finale d’accès aux actions en question. Voici donc un nouvel exemple avec l’ajout de cet attribut :

Ajouter des namespaces fait donc partie des bonnes pratiques de configuration d’Apache Struts. C’est justement l’objet de la vulnérabilité découverte récemment : CVE-2018-11776.

CVE-2018-11776 : Aperçu

Cette vulnérabilité a été découverte par Man Yue Mo, chercheur chez Semmle Security en août 2018. Elle permet à un attaquant d’exécuter à distance des commandes arbitraires sur la machine hôte.

La faille résulte du fait que l’URL d’accès aux actions d’une application Struts passe avant tout par un analyseur syntaxique qui va s’atteler à récupérer le namespace dans lequel est contenue l’action demandée. Cependant, dans le cas où l’action n’a pas de namespace attribué et que l’option « alwaysSelectFullNamespace » est définie à « true », il est possible de faire exécuter des commandes au serveur. Voici un exemple qui illustre cette résolution de commande :

CVE-2018-11776 : Exploitation

Comme dit précédemment, plus intéressant que de résoudre des opérations algébriques, il est possible de faire exécuter à la machine hôte des commandes systèmes grâce à l’injection d’une charge formatée comme suit :

Pour faciliter l’exploitation de cette faille, il est possible d’utiliser sur GitHub le script python développé par Mazin Ahmed appelé « struts-pwn.py ».

Voyez, plutôt :

CVE-2018-11776 : Conséquences

Cette vulnérabilité a pour conséquence la prise de contrôle à distance de la machine hôte. Elle pourrait par conséquent être exploitée par des attaquants, leur permettant ainsi de récupérer des données sensibles sur la machine et les données personnelles des utilisateurs de l’application. Ce n’est pas sans rappeler la précédente faille critique ayant affecté Apache Struts (CVE-2017-5638), qui avait donné lieu à une fuite de plus de 200 000 cartes de crédit, données personnelles et numéros de sécurité sociale d’utilisateur de Equifax en Septembre 2017.

CVE-2018-11776 : Recommandations

Heureusement, il est relativement trivial de se prémunir contre l’exploitation de cette vulnérabilité. En effet, il suffit simplement de :

• Ne pas laisser la variable « alwaysSelectFullNamespace » définie à « true » dans la configuration de Struts
• Encapsuler chaque action (fichier .action) dans un namespace
Et surtout, effectuer une montée en version d’Apache Struts vers la version 2.5.17 ou supérieure

Blog

Nos derniers articles

Cybersécurité

Cyber Resilience Act : quelles obligations pour les éditeurs et les fabricants ?

Le Cyber Resilience Act est entré en vigueur le 10 décembre 2024, mais rien ne vous était encore demandé. Cela change le 11 septembre 2026 : à cette date, la plateforme européenne de signalement ouvre, et les fabricants doivent y déclarer leurs vulnérabilités activement exploitées. Restait une inconnue que le règlement laissait à chaque État membre : qui contrôle, et qui sanctionne. La foire aux questions publiée par l’ANSSI vient de la lever.

28 août 2026

Cybersécurité

Tester la sécurité de son site web : ce que voient les outils gratuits

Le contrôle d'accès défaillant occupe la première place du Top 10 de l'OWASP depuis l'édition 2021, devant les défauts cryptographiques et les injections. C'est aussi la famille de failles qu'un scanner automatique détecte le plus mal, parce qu'elle suppose de comparer les droits de deux comptes distincts et de comprendre qui a le droit de voir quoi. Un outil qui lit des en-têtes HTTP ne raisonne pas comme cela. Vouloir tester la sécurité de son site web reste une démarche saine, et les scanners publics ont leur utilité. Ils répondent simplement à une question plus étroite que celle que se pose un dirigeant.

18 août 2026

Cybersécurité

Analyse de risque EBIOS : ce que les cinq ateliers produisent vraiment

L'ANSSI a publié EBIOS Risk Manager en 2018, en rupture avec la logique d'inventaire qui dominait jusque-là les analyses de risque. Huit ans plus tard, la méthode est devenue la référence française, citée dans les dossiers NIS 2, réclamée par les auditeurs, inscrite dans les cahiers des charges. Elle est aussi, souvent, mal employée. Beaucoup d'analyses se terminent par un classeur de trois cents lignes que personne ne rouvre, faute d'avoir été construit pour décider quoi que ce soit. Chez Digitemis, nous animons ces ateliers pour des organisations qui doivent à la fois se protéger, se conformer et continuer à produire. Une analyse utile répond à une question courte : sur quels verrous investir pour que l'activité ne s'arrête pas.

18 août 2026

informations

Contactez-nous

Une question ou un projet en tête ? Remplissez le formulaire, nous reviendrons vers vous rapidement pour un premier échange.

    *Informations obligatoires

    Les informations recueillies à partir de ce formulaire sont traitées par Digitemis pour donner suite à votre demande de contact. Pour connaître et/ou exercer vos droits, référez-vous à la politique de Digitemis sur la protection des données, cliquez ici.

    Index